Dimanche 10 mai 2009 7 10 /05 /Mai /2009 17:11
En effet :

La lumière de la lune met UNE SECONDE à nous parvenir,
la lumière du soleil met HUIT MINUTES à nous parvenir et
la lumière de l'étoile met QUATRE ANS à nous parvenir ...


Ca donne de la matière à réfléchir quand à l'immensité de l'univers !
Publié dans : Physique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 9 mai 2009 6 09 /05 /Mai /2009 15:53
Kafka (1883-1924).

«Tu as jamais entendu l’histoire de la poupée ?...

…C’est la dernière année de la vie de Kafka et il est amoureux de Dora Diamant,une jeune fille de dix-neuf ou vingt ans qui a quitté sa famille hassidique en Pologne et habite désormais Berlin.
Il arrive à Berlin à l’automne 1923 et meurt au printemps suivant, et ces derniers mois sont sans doute les mois les plus heureux de sa vie. Malgré la dégradation de sa santé…


« Chaque après-midi, Kafka va se promener dans le parc. Le plus souvent, Dora l’accompagne. Un jour, ils rencontrent une petite fille qui pleure toutes les larmes de son cœur. Kafka lui demande ce qui ne va pas, et elle lui explique qu’elle a perdu sa poupée. Immédiatement, il invente une histoire pour expliquer ce qui s’est passé. Ta poupée est partie en voyage, dit-il. Comment vous le savez ? demande la fillette. Parce qu’elle m’a écrit une lettre, répond Kafka. L’enfant paraît méfiante. Vous l’avez sur vous ? demande-t-elle. Non, je regrette, dit-il. Je l’ai laissée chez moi par erreur, mais je l’apporterai demain. Il est si convaincant que la gamine ne sait plus que penser. Serait-il possible que cet homme mystérieux dise la vérité ?
« Kafka rentre droit chez lui pour écrire la lettre. Il s’assied à sa table de travail et Dora, qui le regarde écrire, remarque le même sérieux, la même tension que lorsqu’il compose ses propres œuvres. Il n’a pas l’intention de flouer la petite fille. Ce qu’il fait là, c’est un vrai travail littéraire, et il est décidé à le faire au mieux. S’il peut concocter un beau mensonge bien persuasif, il compensera la perte de la fillette par une réalité différente – fausse, sans doute, mais véridique et vraisemblable selon les lois de la fiction.
« Le lendemain, Kafka retourne au parc avec la lettre. La petite fille l’attend et, comme elle n'a pas encore appris à lire, il lui donne lecture de la lettre. La poupée est désolée, mais elle en avait assez de vivre tout le temps avec les mêmes gens. Elle a eu besoin de s’en aller voir le monde, de se faire de nouveaux amis. Ce n’est pas qu’elle n’aime pas la petite fille, mais elle avait très envie de changer d’air et il faut donc qu’elles se séparent pour quelque temps. La poupée promet alors d’écrire à la fillette tous les jours pour la tenir au courant de ses activités.
« C’est là que l’histoire commence à me briser le cœur. C’est déjà assez étonnant que Kafka se soit donné la peine d’écrire cette première lettre, mais il s’engage maintenant à en écrire une nouvelle chaque jour – sans autre raison que la consolation de la petite fille, laquelle se trouve être pour lui une parfaite inconnue, une enfant rencontrée par hasard un après-midi dans un parc. Quel genre d’homme ferait une chose pareille ? Il a continué pendant trois semaines, Nathan. Trois semaines. L’un des plus brillants écrivains qui aient jamais vécu sacrifie son temps – son temps de plus en plus compté et précieux – à composer les lettres imaginaires d’une poupée perdue. Dora raconte qu’il en rédigeait chaque phrase avec une extrême attention au détail, que sa prose était précise, drôle et absorbante. Autrement dit, c’était la prose de Kafka et tous les jours pendant trois semaines, il est allé au parc lire une nouvelle lettre à l’enfant. La poupée grandit, va à l’école, fait de nouvelles connaissances. Elle continue à assurer la fillette de son amour, mais elle fait allusion à certaines complications dans sa vie qui lui rendent impossible le retour à la maison. Petit à petit, Kafka prépare la fillette au moment où sa poupée disparaîtra à jamais de son existence. Il s’efforce d’arriver à un dénouement satisfaisant, craignant, s’il ne réussit pas, que le charme magique se brise. Après avoir fait l’essai de plusieurs possibilités, il finit par décider de marier la poupée. Il décrit le jeune homme dont elle tombe amoureuse, la célébration des fiançailles, le mariage à la campagne, jusqu’à la maison où la poupée et son mari vivent désormais. Et enfin, à la dernière ligne, la poupée fait ses adieux à sa vieille et chère amie.
« À ce moment-là, bien entendu, la poupée ne manque plus à la petite fille. Kafka lui a donné autre chose à la place, et au bout de ces trois semaines, les lettres l’ont guérie de son chagrin. Elle a l’histoire, et quand quelqu’un a la chance de vivre dans une histoire, de vivre dans un monde imaginaire, les peines de ce monde-ci disparaissent. Tant que l’histoire continue, la réalité n’existe plus. »




Histoire vraie, racontée par un personnage
Dans « BROOKLYN FOLLIES »  de PAUL AUSTER
Éditions Actes Sud

Publié dans : anecdotes sur les écrivains
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 9 mai 2009 6 09 /05 /Mai /2009 15:38

Ceci est le premier article de votre blog. Il a été créé automatiquement pour vous aider à démarrer sur overblog. Vous pouvez le modifier ou l'effacer via la section "publier" de l'administration de votre blog.

Bon blogging

L'équipe d'overblog

PS : pour vous connecter à votre administration rendez-vous sur le portail des blogs overblog


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Recherche

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Créer un Blog

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus